POETES DE L'AMITIE - POETES SANS FRONTIERES

POETES DE L'AMITIE - POETES SANS FRONTIERES

recueils d'Irène CLARA

Irène CLARA, Allers et Retours entre poésie et mythes

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Un Mot peut en cacher un autre

                                                                                                                                  

Ce recueil est né de l’amour pour les mots qui gardent en eux les bribes de tant d’autres mots et savoirs parfois enfouis dans l’oubli, alors qu’ils ne demandent que de ressurgir afin de vivre ou revivre. De jour, mais surtout lors du silence de la nuit, ils sont venus à ma rencontre. J’ai compris qu’il fallait que je les écoute, ausculte et les regarde différemment pour découvrir leurs trésors cachés. Tantôt ce furent des sons, des mélodies, des images, tantôt leurs changements à travers l’histoire qui m’ont entraînée dans une danse qui ne voulait plus finir. Une fois entrée dans leur magie, j’avais du mal à les arrêter : ils arrivaient par dizaines ! Les mots vivent, ils ne demandent qu’à voyager grâce à notre imaginaire et notre mémoire collective.

Catégories : Nouveautés, Poésie 

14.90 €

 

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Irène Clara est née en 1951 en Bavière. Découvrant dès ses premiers cours de français au lycée la beauté de la langue française, elle quitte l’Allemagne à l’âge de 19 ans, et décide de poursuivre ses études à l’Université Lille III. Elle y est nommée lectrice pendant cinq ans pendant lesquels elle rédige une thèse sur Michel Leiris et prépare son agrégation d'allemand. Le travail de Leiris, et notamment son « Glossaire j’y serre mes gloses » publié en 1939, a très vraisemblablement été un élément déclencheur du recueil qu’elle présente ici. Polyglotte (elle maîtrise l’allemand, l’anglais, l’espagnol, l’italien, le portugais), elle se réinvente dans chacune de ces langues. Depuis sa retraite – elle avait été professeure au Lycée Franco-Allemand de Buc jusqu’en 2016 –, elle se consacre entièrement à l’écriture. « Un mot peut en cacher un autre » est son troisième livre après « Coquillages ou la main de l’œil et vice versa » (P.J.Oswald) et « Silences mots et soupirs » (L’Harmattan 2019).

 

Extraits :

   Filer

C’est en filant en douce dans la cuisine avant que les invités n’arrivent, le nez chatouillé par l’odeur irrésistible d’un succulent filet mignon, que de fil en aiguille je me pose la question : est-ce parce qu’il est tendre que le filet est automatiquement mignon ? Les mignons, serviteurs du prince, d’un seigneur ou d’un souverain dès le XVe siècle, jouissaient de maints privilèges comme avoir l’honneur de dormir dans la chambre royale et le droit de s’habiller comme leur souverain. Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle pendant les guerres de religion qu’on leur attribuait des mœurs frivoles et efféminées. Autrement dit, mon filet mignon si tendre m’amènerait-il à commettre un péché ? Je le confesse, je suis tenté de refiler à nos hôtes un rôti de porc ficelé avec des fils invisibles, manger seul mon filet mignon et filer avec lui le parfait amour.

    Guépard 

Lévrier des savanes d’Asie et d’Afrique, félin le plus rapide à l’allure svelte et fine, il guette du haut de ses pattes les antilopes, gazelles, impalas, autruches, lapins et pintades pour en composer son festin. Plus doué pour la course que le combat, il lui arrive de se faire voler son repas par un lion ou une hyène dont l’haleine malsaine lui fait abandonner sa proie. Une nouvelle fable pourrait s’écrire entre lui et la guêpe qui n’est pas folle de se fatiguer pour rien, se pose sur son dos pour traverser le gué. Au cours de leurs escapades, une amitié entre eux est née, et pour lui montrer gré de ses voyages, elle a décidé pour leur mariage d’assortir sa robe à son pelage : jaune au fond avec des taches brunes tirant sur le noir. Le guépard, bien qu’on prétende qu’il est féroce, reste docile depuis, car craignant l’aiguillon venimeux de la guêpe, il se rétracte avant que leur conversation ne s’envenime.

Silences mots et soupirs

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SILENCES MOTS ET SOUPIRS  regroupe des poèmes d’Irène CLARA selon différentes thématiques témoignant de la recherche de soi dans le monde actuel.  Des illustrations précédent chaque nouveau volet reproduisant tantôt des gravures tantôt des  aquarelles ou peintures de l’auteure. Le choix du noir et blanc est  délibéré afin d’éviter que la couleur ne l’emporte sur le texte. Si le recueil est l’aboutissement d’un travail d’écriture quotidien mené depuis trois ans, il est également le résultat d’une réécriture  d’un certain nombre de poèmes  publiés auparavant dans différentes revues de poésie, dont notamment FLORILÈGE.  S’appuyant tantôt sur le vécu, tantôt sur les sonorités ou significations diverses d’un mot, SILENCES MOTS ET SOUPIRS reflète le désir de la poète d’être au plus près d’une langue épurée sans fioritures inutiles. A côté de textes qui ne font qu’effleurer l’apparition imaginaire du visible afin de  permettre au lecteur de prendre place dans le texte afin d’y déployer son propre imaginaire, figurent des poèmes  qui explorent des images faisant partie de notre inconscient collectif. Dans ces moments de silence où les mots se font entendre et où les soupirs marquent une pause en même temps que l’éclosion de l’émotion tenue secrète, se cache la même recherche, celle de s’approcher d’un invisible omniprésent.

 



03/11/2019
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